Activités

Le soin dans tous ses états, conférence à Poitiers , le 23 nov 2017, espace Mendès France 20H30

Conférence à l'espace Mendès France le 23nov 2017 à 20H30 

Le soin dans tous ses états

- Mme Ingrid Auriol, agrégée en philosophie, enseignante en Khâgne, auteure, Poitiers

-Mme Dolorès Albarracin, Dr. en psychologie, psychanalyste, Poitiers,

-Mme brigitte Greis, infirmière libérale, auteure, Poitiers

Argumentaire pour la conference triture par ingrid ofmp du 23 novembre 17 corrige ingridArgumentaire pour la conference  ofmp du 23 novembre 

Nous nous soucions de la santé autant que nous nous questionnons sur la vie et la mort. Toutefois nous parlons plus souvent de la santé que de la mort. L’économie, l’organisation de la cité supposent la prise en charge de la santé, de l’éducation à la santé et du soin porté à l’autre, à certains autres du moins, réputés plus faible, plus âgés,  plus « malades » que tout un chacun.

Toute société riche et démocratique se doit d’offrir à chacun un « droit à la santé », droit à vrai dire bien étrange. Il en découle un système économique et une « gestion », comme disent les décideurs et les administrateurs, qui concernent par l’Etat et son mode d’organisation sociale et politique. Mais savons-nous bien comment entendre ce terme de : santé ? Et comment la personne traverse la vie, la vie qui est la sienne, toute sa vie jusqu’à la mort, en prenant soin de sa santé ? N’est-ce pas cette même santé (à moins qu’il n’y ait un grave malentendu à ce propos), que les publicistes nous vendent en nous ventant les produits de consommations destinés à l’entretenir ou, de manière thaumaturgique, à la restaurer, à la produire ? Voici que la santé est devenue objet de consommation, chose extérieure à la personne, qu’elle est soumise à des modèles, organisée et arraisonnée. Moyennant quoi, il se pourrait que d’autres que nous s’arrogent le droit de savoir, mieux que nous, les comportements que nous devrions  adopter.

Aussi la maladie et la guérison, tout comme la vieillesse et la mort, sont-ils devenus des événements qui surprennent les personnes que nous sommes.  Se peut-il que nous ayons omis de penser le corps qui pourtant est nôtre, se peut-il que nous n’accédions plus jusqu’à lui ? Comment, dès lors la personne, confrontée à la maladie, ou plutôt à sa maladie et, dans le même temps, à une médecine, de plus en plus spécialisée voire cloisonnée, de plus en plus technique  peut-elle malgré tout, se découvrir une nouvelle vie ? Existe-t-il un moyen d’entrer en résistance face aux protocoles qui uniformisent les comportements des soignants et des malades ?

Ceci semble d’autant plus urgent à considérer qu’il y va en tout ceci de la possibilité d’être proprement soi-même laquelle peut se trouver inhibée, voire violemment entravée. Comment faire pour que l’être humain ne soit pas objectivé et réifié ? Comment le projet pour un malade de recouvrer la santé ou pour un soignant d’aider une personne malade à recouvrer la santé peut-il s’accorder avec la reconnaissance de sa singularité et de sa liberté ? Comment tout cela peut-il rimer avec cette création d’un langage de l’intérieur, qui ouvre la voie à la possibilité d’advenir à soi-même, qui ouvre à l’être humain comme tel ? Comment l’être humain peut-il être désirant jusqu’au bout ?

Nous réfléchirons à trois voix, une philosophe un peu poète, une psychologue-psychanalyste, une praticienne du soin à propos de la personne, de la « construction » de l’être-soi.

Nous envisagerons ce que signifie être proprement soi-même. Nous questionnerons la manière dont la maladie, par le bouleversement qu’elle constitue, peut elle-même participer de l’engendrement de cette force intime, à condition de se  l’approprier ou plutôt pour mieux dire de s’approprier à elle. Bref il sera question de maladie, de santé et de soin et éventuellement de guérison. Précisons qu’il s’agit pour nous ici d’évoquer sans restriction l’être malade en toutes ses modalités tant « physiques » que « mentales »  comme il se dit le plus souvent.

 

Poitiers fr quadri 2

 

 

                     

 

 

 

Rencontre des penseurs autour de la définition de la médecine de la personne du 5 mai 2016. Propositions de réflexion pour une médecine utopique ou médecine de l'avenir.

Je crois que nous devons faire face à une urgence: tant de bêtises ont été et seront débitées, en ce qui concerne la santé, que nous devrions nous positionner clairement. D’autant plus que de-ci de-là on me somme de clarifier cette notion de médecine de la personne.

Nous ne sommes pas suspects d’intérêts parcellaires, économiques, politiques ou personnels, et , seul l'exercice de la médecine nous intéresse, non pas comme un retour vers le passé ( glorieux , certes) mais dans une perspective d’avenir, aussi utopique puisse-t-elle paraitre.

Robert Zittoun, avec sa perspicacité et son humour, m’a piqué au vif : je voudrais ainsi réformer, refonder la médecine à moi tout seul ? D’abord, qui suis- je pour envisager cela? Et surtout pas tout seul. Mais quand on a tiré un fil, un petit fil de la pelote, force est de constater que tout se tient,  que tout est interdépendant, dépendant de l’Autre.

Aussi fait il interroger des notions essentielles (qu’est- ce que la médecine, la maladie, la santé, le diagnostic, la prescription, la décision médicale, le secret.. etc...) à partie de nos pratiques de «contiguïté» avec d’autres points de vue. Ceux d’entre nous qui ont l’expérience des confrontations éthiques en savent quelque chose ; et aussi de l’exploitation politique et déviées qui peut être faite de ces débats.

Donc R. Zittoun a raison : il ne faut pas avoir peur de se coller à l'ensemble, ni avoir peur de dire (entre nous au moins) des bêtises : nous ne pourrons au mieux qu’offrir un  morceau de vérité à ceux que cela intéresse.

 

J’avais, dans un premier temps,  proposé d’examiner , un à un, des items. Mais je pense maintenant qu’il vaut mieux «insérer» ces questionnements ponctuels (de gros points quand même) dans un ensemble, une démarche, une marche à suivre : ce que le texte suivant offre comme hypothèse possible. Ce travail va de pair - en tous cas pour moi, mais j’en suis sûr pour pas mal d’entre vous, avec la clarification de ce que nous appelons la médecine de la personne. Le terme est vague, mais je me souviens qu’au moment même où, avec Charles Brisset nous détachions la psychiatrie de la neurologie, il parlait au nom d’ «une certaine idée de la psychiatrie»... et que quand on le pressait d’être plus clair, il disait que cette certaine idée s’éclairerait si on acceptait d’y réfléchir.

 

A/ On peut donc «globaliser» sans tomber dans un fouillis intellectuel, par le schéma suivant.

Imaginez sept (c’est un nombre d’or, mais cela n’est pas exprès) cercles concentriques.

         -1- au coeur du système le malade, le sujet et sa maladie

         -2- la relation proche soignant/soigné. La rencontre, le développement de la relation duelle

         -3- le cercle des proches, famille, aidants naturels.

         -4- le soignant et les autres: statut du soignant, l’équipe, Balint, la toute puissance et la collaboration;

         -5- Plus largement soins, traitements, prévention. La santé publique et les politiques de santé, y compris les formations et entrainements.

         -6- Insertion dans la société, la culture du moment. Les modes et les croyances en médecine;

         -7- l’environnement civilisationnel (l’avant) et l’histoire.

Reprenons :

-   le premier cercle : définitions :

-    de la personne (voir l’ouvrage pour une psychiatrie de la personne),

-     de la maladie et la catégorisation des maladies. Faut- il par exemple définir la maladie comme une déviation, une déhiscence de la santé (nous sommes des spécialistes de l'anormalité) ou la santé est- elle l’absence de maladie? Et alors quid des maladies silencieuses? et de la prévention?

-   du symptôme et de son interprétation.

Une petite histoire de l’évolution des classifications en médecine serait intéressante.

On a confondu trop souvent le malade et sa maladie. S’il s’agit d’un handicap de naissance, on peut imaginer que cette personne se construit autour de ce handicap. Mais même dans ce cas, ce ne serait que l'un des éléments de cette construction de la personne.

Cependant, dès lors qu’il s’agit d’une maladie intercurrente, il y a la personne ( l’individu, l’homme, le sujet) qui est perturbée par celle- ci. Le malade est une personne porteuse d’une maladie. Et d’une maladie qu’il perçoit, qu’il ressent et qu’il se représente avec les éléments qui, font sa personnalité (structure, identité, caractère, caractéristiques). Il faut donc creuser les définitions de maladie (déjà dit), de douleur et souffrance, etc...

 

-le second cercle: la relation soignant soigné. Pas de soin sans cette «bonne» relation qui implique confiance, transfert et contre transfert. Un représentation (définition ) de la maladie se fabrique à partir d’éléments que l’on a (histoire, souvenirs conscients et inconscients) et d'éléments apportés par les échanges à propos de la maladie.

On a beaucoup écrit sur cette relation. Il nous suffit de dire que:

*  une représentation difficile, délicate (catastrophe naturelle ou pas) ne peut se faire facilement. cela déclenche un malaise  même étymologie que maladie) qu’on peut appeler angoisse.

*  L’émotion déclenchée par le malaise se maitrise via une représentation psychique  confortée par un discours extérieur. Donc une forme de dépendance à l’autre.

*  Comme cette élaboration commune se fait à partir d’émotions

 (conscientes et inconscientes), elle passe par le système transfert/ contre transfert.

*  Dons il s’agit d’une relation à deux (ou plus) personnes, personnellement (donc affectivement)  impliquées

Dès lors que le thème de la relation est surtout celui de la maladie, il va falloir définir ce qu’est un soigné (santé , maladie, victime ou co-auteur) et un soignant

         *Cette relation professionnelle se travaille (formation initiale et permanente, contrôle par le groupe, etc...)

 

-   le troisième cercle/ le cercle «familial»

On a vu, on croit savoir que l’Autre est au coeur du développement, l’Autre est au coeur du développement de l’individu. L’Autre est d’abord celui qui s’occupe de vous, nourrisson, enfant. On retrouve cette image «maternante» dans celui de l’infirmier(e), et du soignant en général. Mais elle se retrouve chez les proches (la famille) et les aidants naturels

Cependant dans le microsome familial  il faut se rappeler les fameuses questions de balint: qui est mis en avant, qui est malade , et qui est soignable ?

 

-le quatrième cercle/ le soignant n’est pas plus «seul» que le malade ; Il est entouré

                   -de son histoire et de ses proches

                   -de sa formation et de ses formateurs (voir formation hippocratique)

-   de l’équipe (réseau, collectif divers)

Il n’est pas seul car le médecin, le soignant, malgré les efforts de simplification et les tendances à la linéarité ne peut avoir, à lui seul, tous les points de vue disponibles (obligation de moyens). Il faut  donc lutter contre l’isolement du soignant et le fantasme de toute puissance qui va avec.

 

-cinquième cercle On passe de l’individu au groupe à taille humaine, et donc à des généralisations plus floues, et aussi plus nettes car on croit sortir de la dimension émotionnelle interpersonnelle.

Donc, dans le cadre de cette médecine de la complexité, il faut redéfinir les notions de

                   -soin: soigner et prendre soin

                   -de traitement (voir dico crotique)

-   de prévention, et les quatre ou cinq types de prévention;

-   de santé publique

Si la maladie se fait au cas par cas, la santé est à tout le monde.

 

-le sixième cercle. Le» domaine de la santé et de la maladie s’insère lui- même dans un cercle plus large. La médecine,les notions de santé, de bien être (et de mal être), sont étroitement dépendantes de la société au sein de laquelle ils se pratiquent, se modélisent, se théorisent. La médecine de la personne n’est pas CONTRE une médecine traditionnelle ou dépassée, mais elle se veut en phase avec les connaissances scientifiques du moment, et les réactions que celles cvi entrainent.

 

-   le septième cercle: Il faut y ajouter une dimension supplémentaire qui renvoie à de vieux débats: la place de l’environnement. La différence entre environnement et entourage (dico critique) renvoie à cette vieille divergence entre médecine du corps (chirurgie, neurosciences par exemple) et la médecine de l’âme (psychologie clinique). En médecine de la personne, il ne s’agit ni de concurrence (en contradiction avec la loi des marchés!) ni de superposition ou d’accumulation ( qui conduit à scinder les champs d’action, les spécialités, et les approches) mais d’articulation ( voir ce que j’ai écrit sur la science des copules). On peut dire qu’il s’agit d’introduire l’espace/temps en médecine.

-   ******

Simon Daniel KIPMAN

*Brigitte Greis soulève une autre question qui ouvre sur d’amples discussions sur l'organisation des soins. Elle souligne l’importance du travail au lit du malade, c’est à dire à domicile, et son importance tant qualitative que quantitative. Or nous continuons à propager une pensée hospitalo- centrique, donc à aller dans le sens d’une opposition entre libéraux et hospitaliers.  Cela a été un moment évoqué à propos du soin à domicile qui ne coute pas plus cher (et même moins) que le soin en institution. Au moment de la sectorisation psychiatrique nous soutenions que l’équipe soignante devait aller «là où est la douleur»

derrière ces questions, se pose donc au fond la place de la clinique au lit du malade.

 

 

 

 

 

 

Groupe de travail Genève 2015 : transmettre , se former

Tout n’est-il pas dit sur « la relation d’aide », l’empathie et la bénévolence ? Non, tout n’est pas dit. Nous voulons ici apporter la qualité des expériences de celles et ceux qui pratiquent la médecine de la personne au quotidien et passer ces expériences au filtre des connaissances acquises. Pas de certitudes, pas d’a priori mais un partage des expériences entre tous les professionnels engagés sur le terrain du soin, et plus encore, entre tous les acteurs impliqués à tous les échelons de la société.

 Nous souhaitons :

-        faire connaître ce sur quoi porte le travail au quotidien dans le domaine du soin aujourd’hui.

-        préciser  les connaissances théoriques, l’engagement personnel et la formation continue que ce travail implique.

-        faire savoir quels sont, dans le domaine de la santé,  les écueils, les risques, les enjeux, les espoirs, tant au niveau de l’évolution de nos sociétés qu’au niveau individuel.

-        transmettre les expériences acquises, d’une manière critique si nécessaire : replacer les concepts et les idées reçues dans leur histoire, d’en souligner l’évolution, d’en montrer les limites et les etc.

-        groupe pluridisciplinaire : partant d’une expérience clinique, déploiement de l’expérience, (re)découverte des concepts puis, apport théorique articulé avec la discussion.  

-        groupe d’inter-vision : des professionnels discutent entre eux, sans leader, sans jugement et sans avoir à prendre de décisions, sur une situation difficile apportée par l’un d’eux.  

-        psychodrame.

-        dialogue avec d’autres intervenants que des professionnels de la santé : associations, familles, enseignants et toute autres personne intéressée par les enjeux de société concernant la santé, la maladie, la médecine de la personne.  

 

Le groupe de travail s'adresse à toute personne intéressée. Les demandes de participation sont à adresser par mail à Florence Quartier en joignant un très bref CV. Le groupe se réunira 4 fois par année et fera une synthèse des différentes formes de travail proposées.Le lieu reste à déterminer.  Des invités seront contactés pour venir participer de manière ponctuelle à l’une ou l’autre des activités. 

 

Contact 

Dr. Florence Quartier
Psychiatre-psychothérapeute (SSPP/FMH)
Psychanalyste, membre formatrice de la Société suisse de psychanalyse (SSPsa/API)
Ancienne médecin-adjointe aux Hôpitaux Universitaires de Genève, Département de psychiatrie.
Ancienne Présidente de la Section "Psychanalyse en Psychiatrie" (AMP/WPA)

40, rue de l'Athénée
CH-1206 Genève
Tél 00.41.22.347.74.77

florence.quartier@worldcom.ch

Atelier "Annonce" Poitiers

L'atelier "Annonce" a démarré à Poitiers les 18 dec 2014, pour une série de 4 ou 5 séances de rencontre et de travail

Le but est de présenter les travaux à la table ronde qui aura lieu lors du congrès de l'OFMP les 20 et 21 nov 2015 à Mendès France.

Le thème de l'annonce est un thème fort qui a été récurrent lors des débats qui ont eu lieu au 1er congrès de l'OFMP. Il est à envisager sous plusieurs angles, non exclusifs les uns des autres, il concerne toutes les maladies, grandes ou petites. Il concerne le soignant et ce que cela soulève chez mais aussi le patient, son entourage, ses aidants. Il necessite du " Parler", de la connaissance, l'appréhension de ce qu'est la santé, un jeu de vérité, et du secret, un engagement dans l'après et la prise en charge des thérapeutiques. C'est un travail en relation duelle mais aussi collégiale.

A chaque fois l'annonce est un moment bouleversant, que ce soit pour annoncer une bonne ou mauvaise nouvelle.

Participent à cette table ronde :

-Laurence Iste , psychologue

-Brigitte greis, infirmière

-François Birault, médecin généraliste

-eloi Piketty, médecin généraliste

-Laurent Montaz, chef de clinique Soins pallaitifs

L'atelier, se déroule en discussion, thèmes dégagés, lectures , et écrits.

 

Les 35 h et les RTT à l' AP-HP Par Granger Bernard

  • Nom du fichier : Communique du mdhp
  • Taille : 16.46 Ko
yes /

Télécharger

 
 

Argumentaire du 2eme congrès de la médecine de la personne, 20 et 21 nov 2015, à l'espace Mendès France, Poitiers

  • Nom du fichier : Argumentaire
  • Taille : 15.38 Ko
yes /

Télécharger