Lettre de l'OFMP n°11

« L’âme n’est-elle pas justement une chose dont on ne doit pas parler, au risque d’incommoder ? On ne doit ni ne peut. Qu’on s’y hasarde, et l’on se découvre aussi démuni que celui qui cherche à définir par exemple le temps, la lumière ou l’amour. Pourtant ce sont là des éléments dont aucun de nous ne saurait nier l’existence, et dont notre existence même en dépend. » 

François Cheng, (De l'âme, Editions Albin Michel, 2016)

 

Affiche conf2016

Sommaire

Textes de la conférence de l'OFMP coordonnée et animée par Brigitte Greis qui s'est tenue le 20 octobre 2016 à l'Espace Mendès France de Poitiers sur le thème :

«  Ethique des corps face à la vulnérabilité dans la relation de soin "

  • Présentation de Mme Dorothée Legrand, docteur en philosophie et psychanalyste
  • Présentation de Mme Dominique-Alice Decelle, psychosociologue et psychanalyste

 

Ainsi la médecine de la personne, qui porte soin à la personne, avec la personne et pour la personne, sollicite ainsi ce qui fait qu’une personne est une personne et pas seulement un corps à examiner, à scanner, à caser dans des statistiques, à traiter. La médecine de la personne ose solliciter le temps, l’amour et la lumière, et ne peut donc se définir de façon définitive, toujours en mouvement, en transformation, en relation, sans nier l’importance de la science.  

Les présentations des deux conférencières ont permis de réfléchir sur ce qui se passe dans la relation de soin à la lumière de Levinas et de la psychanalyse.

Les deux intervenantes, qui toutes deux travaillent dans un centre de soins psychiques pour personne subissant une grande précarité, ont fait une lecture approfondie du soin et de la relation.


L’éthique des corps

Texte présenté par Dorothée Legrand, docteur en philosophie et psychanalyste

Je voudrais partir de chacun des termes qui forment le titre de notre rencontre : l’éthique des corps.

L’éthique

L’éthique d’abord. Une définition de l’éthique, parmi les plus minimales, et donc radicales, est celle qui nous est offerte par Emmanuel Levinas : l’éthique, dit-il, est « relation d’homme à homme ». Minimale, cette définition est radicale parce qu’elle implique qu’il serait redondant de qualifier telle ou telle relation d’homme à homme comme relation éthique, et contradictoire d’y opposer telle ou telle autre relation d’homme à homme qui, elle, ne serait pas éthique. La relation d’homme à homme est, par Levinas, définie comme éthique. Ethique des corps d legrandLire la suite


Ethique des corps et relation face à la vulnérabilité

Texte présenté par Dominique-Alice Decelle, psychosociologue et psychanalyste

Si, dans la relation, la vulnérabilité est « victimisée », le sujet se retrouve amoindri. C’est l’enjeu de l’éthique. La prise en compte de la part subjective des deux sujets en relation ne saurait se suffire d'un discours sur l'humanisation des pratiques comme aujourd’hui le suggère le concept d’empathie. Comment passer du voeu pieux à la voix incantatoire du sujet qui adresse une demande au travers du symptôme exprimé par son corps ? 
Ethique, corps, vulnérabilité, relation à l’autre, intersubjectivité, communication, empathie. E thique des corps da decelleLire la suite